La première infrastructure climatique de la ville est l’arbre
Non pas l’arbre décoratif ou parasol, coincé dans une fosse minuscule, mais les arbres de pleine terre, adaptés au climat futur, avec un bon indice de surface foliaire, des strates végétales organisées, disposant d’un cycle court de l’eau, et d’espace racinaire dans un sol fonctionnel. Cela implique de recentrer l’action sur la restauration des sols autant que sur les plantations. Le pouvoir de l’arbre en ville n’est pas que dans son évapotranspiration – il est dans son ombre.
Quand on regarde l’indice universel du climat thermique (UTCI) qui intègre le rayonnement reçu par le corps humain, les alignements d’arbres se révèlent 4 fois plus efficaces que les toitures réfléchissantes, 10 fois plus que les toitures végétalisées, et 19 fois plus que les revêtements de sol clairs. La densité bâtie devient alors une alliée pour les arbres eux-mêmes menacés : 76 % des arbres plantés dans les villes occidentales sont à risque thermique d’ici 2050. La ville dense et compacte peut créer l’ombre et la fraicheur qui protègent le vivant, à l’image du Freiraum urbain bâlois (enclave de coexistence du végétal, de la biodiversité et des habitants des villes).
Encore faut-il planter là où vivent les plus vulnérables : cours d’école ou d’EPHAD, pieds d’immeubles locatifs, quartiers populaires et PRU. Santé Publique France a montré qu’à Paris et dans la petite couronne, le risque de mortalité liée à une chaleur exceptionnelle est plus élevé dans les quartiers les moins arborés. A ce titre, l’ANRU 3 pourrait utilement comporter un volet plantation et reboisement des PRU.



